Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 13:38

  1. La TNT

  Qu'est ce que la TNT ?

TNT est l'acronyme de la Télévision Numérique Terrestre. Il s'agit d'un système de diffusion audiovisuel qui permet aux foyers raccordés à une antenne « râteau » de recevoir une offre étendue de chaînes de télévision locales et nationales, gratuites ou payantes en qualité numérique. Par rapport à l'analogique, la technologie numérique permet de multiplier par 5 ou 6 le nombre de chaînes accessibles tout en bénéficiant d'une qualité de son et d'image inégalée.

 Équipement nécessaire  

Il faut être muni d’un adaptateur TNT, soit intégré à votre téléviseur, soit sous la forme d’un boîtier séparé.

Sachez que tous les téléviseurs vendus depuis le 5 mars 2008 sont obligatoirement équipés de l’adaptateur TNT intégré. Certains postes vendus antérieurement le sont aussi.
Pour tous les autres téléviseurs, vous devez brancher un boîtier séparé à votre téléviseur, via la prise péritel, et le relier au fil d’antenne. Attention, il vous faudra un adaptateur pour chacun de vos téléviseurs.

Si vous souhaitez pouvoir enregistrer sur votre magnétoscope un programme différent de celui que vous êtes en train de regarder, il vous faudra un adaptateur "double tuner".

Rappelons que seuls sont concernés les téléviseurs qui reçoivent la télévision par l’antenne râteau traditionnelle. Les postes raccordés à une parabole, au câble ou à une « box » fournie par un opérateur de services « triple play » continueront de recevoir les programmes sans changement.

Si vous recevez la télévision gratuitement par satellite, il vous est cependant d'ores et déjà possible de passer à la réception de la TNT gratuite, en achetant simplement un pack (carte d’accès et terminal) FRANSAT, ou un pack TNT SAT. Dans ce dernier cas, il faut faire réorienter votre parabole vers le satellite ASTRA.

 

2. Radios mobiles terrestres

VXD-7200

Passez facilement des communications analogiques aux communications numériques avec le mobile VXD-7200, qui permet les communications vocales et les transmissions électroniques de messages texte essentiells. La gamme de radio numérique VXD fonctionne avec la norme la plus couramment utilisée– DMR (Digital Mobile Radio – radio mobile numérique), ce qui la rend compatible avec les autres modèles et marques DMR. La gamme VXD peut également être utilisée avec des émetteur/récepteurs radio analogiques existants pour une migration douce vers le numérique et un retour sur investissement maximal.

Repost 0
Published by SITOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 14:20

     La technologie PWCS (Polyvalent Wireless Communication System),Brevetée en 2004

par un chercheur togolais, le Dr Victor Agbegnenou issue des technologies du groupe

Thales, utilise les hyperfréquences etse présente comme « une fibre optique à travers

  les airs ».

   Selon Lebon Ngounou, qui dirige la société camerounaise IdreamGroup en charge

de commercialiser cette technologie en Afrique, «le PWCSest l’alternative la plus

économique du marché pour résorber la fracture numérique en assurant une capacité et

  des débits comparables à ceux de la fibre optique pour un coût jusqu’à 10 fois inférieur».

 

   Le PWCS permettrait, selon son promoteur, d’offrir aux consommateurs africains du

triple play (internet à très haut débit, téléphonie et télévision) pour 15 000 FCFA par mois.

   Concrètement, le PWCS est une « technologie de ligne de vue », explique Lebon Ngounou :

« Cela signifie que le signal est transmis entre deux antennes – celle d’un émetteur et

celle d’un récepteur – et que le message ne passe entre ces deux points qu’en l’absence d’obstacle, comme un bâtiment ou un relief. En cas d’obstacle, on ajoute un relais.

Le récepteur est ensuite relié à l’utilisateur par câblage, optique ou non. L’abonné, muni d’un décodeur peut alors bénéficier d’une offre triple play.

 

     Chaque récepteur peut également devenir un émetteur relais, ce qui permet la création

d’un réseau dense et ce jusqu’au dernier kilomètre, souvent très cher à raccorder en fibre optique.»

Pour leur promoteur, la technologie radio nécessite peu de temps d’installation, contrairement à la fibre qui doit prendre en charge la réalisation de tranchées et donc le coût de travaux en génie civil.

   D’autre part, les antennes, qui ne mesurent «pas plus de 18 centimètres», sont disposées sur des infrastructures déjà existantes et ne nécessitent que rarement la construction de tours.

 

    Cette infrastructure peu coûteuse permettrait ainsi d’amener le très haut débi dans des

zones peu peuplées et de garantir un accès universel à peu de frais.
    Le procédé a déjà été testé en situation réelle à Auger Saint Vincent, à 50 km de Paris, précise M. Ngounou. Il équipe déjà l’université de Ouagadougou ou encore le siège de l’UEMOA.

 


Source : Agence Ecofin

Repost 0
Published by SITOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 16:57

   Méconnaissance des processus de recyclage dans les pays riches, coût prohibitif de "l'éco participation" pour les entreprises et les particuliers, besoin criant d’ordinateurs au Sud et marché florissant de l’occasion, douanes "poreuses" en Afrique, absence d'informations sur les conséquences écologiques du recyclage sauvage : ce sont quelques unes des pistes à creuser dans le cadre de l'enquête participative en cours sur les déchets électroniques en Afrique francophone.

 

   Cherche mode d'emploi pour jeter vieil ordinateur.....

Premier constat, étonnant, en provenance de France : il n’est pas si simple, loin de là, de jeter « proprement » ou de donner son ordinateur à une association sans risquer qu’elle-même se retrouve avec un déchet sur les bras. Le témoignage de Marie, qui habite Clamart « charmante petite ville dans la proche banlieue de Paris », est de ce point de vue très éclairant. « J’ai deux ordinateurs complets (unités centrales plus écrans) qui ne fonctionnent plus, selon moi, et dont je veux me débarrasser », dit-elle. "Quelle est la meilleure solution ? Recyclage ou don du matériel à une association qui sera en mesure de le réparer et de le réutiliser ?" 


   
Or, malgré toute la bonne volonté de Marie et son assiduité à se renseigner sur les dernières législations en vigueur en Europe, - « une norme européenne oblige, depuis 2005, les ménages à recycler leurs déchets numériques au lieu de les jeter à la poubelle » -, il s’avère bien compliqué de se débarrasser de ces vieilles machines dont Marie ne sait pas si elles peuvent encore servir ou pas : « Je me suis donc ensuite adressée à ma ville, qui, selon la norme européenne, est censée mettre en place une collecte des déchets numériques, et se charger de leur remise en marche pour envoyer le matériel à des associations qui en ont besoin, ou de le recycler. Mais une telle initiative n'est absolument pas mise en place à Clamart et la plupart du temps les gens jettent leurs vieux ordis sur le trottoir avec les encombrants, sans faire de tri. La seule solution pour moi est donc de trouver une association qui s'occupe de remettre en état les vieux ordinateurs pour les réutiliser. Mais je ne suis même pas en mesure de leur garantir que mon matériel est encore valide ».


"Tout" envoyer en Afrique ou trier avant... encore une question délicate

   Si Marie continue de chercher des solutions pour ses ordinateurs, Didier, lui, est sur un autre registre. Bien conscient du besoin en informatique des pays africains de la zone, exprimé, entre autres, dans notre forum par Stéphane, il récupère auprès de son entreprise des ordinateurs qui peuvent encore servir. Mais, contrairement à Damala, dont vous pouvez retrouver l'interview ici, il ne les teste pas, car au Bénin, des « ingénieurs » se chargeront de les remettre dans le circuit d’une manière ou d’une autre.

Une méthode approuvée par certains des participants à la discussion, comme Abani Ali Hamza qui, depuis Zinder au Niger, pense que "l'Afrique doit plutôt profiter de cette aubaine que constituent les articles d'occasion en provenance d'Europe ou d'autres pays mieux nantis ", Mara, d'Abidjan en Côte d'Ivoire, qui rappelle que « 99% des cyber cafés sont équipés de ces ordinateurs de "seconde main" et ( que) de nombreux Ivoiriens ne touchent à l'ordinateur pour la première fois que dans des cybers... » ou encore Stéphane, pour qui " force est de constater que ces ordinateurs nous aident énormément ! ».


   
Mais l'envoi de matériel informatique non testé pose de sérieux problèmes dans des pays où, Didier l'admet lui-même, certains responsables d'associations sont obligés de louer des espaces pour en faire des déchetteries informatiques "sauvages". Ce qui fait dire à Chantal, vice-présidente de l'association Al Amal de Zagora au sud du Maroc que « beaucoup de matériel et de machines sont acheminés, c'est vrai, mais sur 10, eh bien 7 ne marchent pas et deviennent des déchets de plus. »

Pour traiter ces déchets, rien ou presque n’est prévu dans les pays, à l’exception notable du Burkina Faso où les Ateliers du Bocage recyclent effectivement les ordinateurs inutilisables. Initiative assez exceptionnelle pour que Philippe nous la signale dès le début de notre enquête, expliquant que l'association « recycle le matériel en générant des emplois sur place et re-expédie le matériel non traitable en France (en attendant mieux) ». Membre de l'atelier des médias et des Ateliers du Bocage, Sanou a posté sur sa page une série de photos sur le sujet. Mais pour une association de recyclage, combien d’ordinateurs jetés à la décharge sans précaution ? L’organisation Enda Ecopole a entamé un recensement des déchets électroniques dans les décharges de Dakar et confirme leur présence de plus en plus alarmante.

 « Heureusement qu'il y a des recycleurs qui font le tri dans les décharges moyennant quelques pièces pour revendre en ville. »  Amadou Diallo (Coordinateur de l'association Enda Ecopole)


    Que faire avant d’en arriver à la situation du Ghana où certaines décharges comme celle "d’Agbogbloshie market" sont exclusivement destinées à ces déchets ? Nyaba Ouedraogo est photographe, il a travaillé sur la décharge d’Agbogbloshie où les conditions de « recyclage » sont effrayantes.

« Les enfants ressentent des maux de tête et des troubles respiratoires qui les empêchent de dormir, mais ils ne savent pas d'où ça provient. » Nyaba Ouedraogo (Photographe).

 

   
A ce stade de notre enquête, la question qui se pose est bien de savoir à qui profite « le crime » ? A « certaines compagnies occidentales qui voient en cela un moyen plus avantageux c'est-à-dire moins coûteux. Car les envoyer à la casse surplace reviendrait plus cher », comme le pense Abdramane ? "A des revendeurs sur place qui revendent plus cher du matériel parfois récupéré gratuitement ou presque," comme le pense Karim? ("Quand aujourd'hui, un même objet qui coûte 10 euros, vaut en Afrique 80 euros seulement par le fait qu'une mauvaise politique fiscale est instaurée sous prétexte de renflouer les caisse de l'Etat !" ) A certains notables bien placés qui profitent de leur position pour s’équiper à moindre frais comme en témoigne Emmanuel, qui prend en exemple "le cas du Cameroun et de l'université de Douala, lorsqu'en 2004 les ordinateurs portables de seconde main arrivaient au campus pour les étudiants (et que) les doyens dudit établissement les prenaient pour revendre !" .« Une chose est sûre : il y a de plus en plus d'importations d'ordinateurs vétustes à Abidjan", nous raconte Sikiri. " Vers 14 h heure locale, aujourd'hui j'ai aperçu plus d'une centaine de ces vieux "ordis" à vendre à 250 000 CFA l'unité à débattre". Il nous « laisse le soin d'apprécier... »


Les axes de recherche pour la suite

   Au point où nous en sommes, quelles questions restent posées ? Stéphane demande « pourquoi, déjà, les douanes européennes laissent passer ces ordinateurs ? » "De l'autre côté", Saturnin atteste de l’absence de vérification aux frontières. "Outre les appareils de vérification, la douane en Afrique est poreuse, mal organisée avec un désordre absolu. Les pays du Nord profitent de ses faiblesses pour nous envoyer les déchets", en conclut-il. Enfin, Emmanuel aborde la question essentielle de l’information des populations sur les dangers de ces déchets. Mais comment ? Par internet ? Ou avec les ordinateurs écologiques que nous signale Lisa "à bas prix, plus accessibles et qui peuvent fonctionner dans des conditions plus précaires.

Autant d’axes à emprunter pour poursuivre ensemble cette enquête. Et pour vous y aider, retrouvez sur le site de l'atelier des Médias une liste de liens et de documents à consulter. Ainsi que les interviews de tous nos interlocuteurs ( Amadou Diallo, Enda Ecopole ; Damala, responsable d'association ; Didier, président de Cultures sud) dans leur intégralité.

 

    Un document est également disponible (lié à cet article) avec la liste des programmes et des projets en cours et le point sur les axes déjà empruntés lors de ces premières semaines d'enquête.

 

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:52

  Y-a-t-il un ordinateur quelque part dans votre école, votre lycée, votre université d'Afrique francophone ? La réponse est très souvent négative. Mais elle lance la discussion sur l'accès des écoliers, des enseignants, des étudiants africains aux savoirs diffusés sur internet. A quelles conditions un projet de développement des TICE, Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, comme disent les spécialistes est-il adapté aux besoins sur place ? Quels sont les obstacles ? Les facteurs de réussite ? Le point sur la question, avec vos témoignages.

Y-a-t-il un ordinateur dans la classe ?

 Des étudiants sénégalais travaillent sur des ordinateurs, le 17 novembre 2004, sur le campus digital francophone de Dakar (CNDF).

    Entre les grands discours sur la réduction de la fracture numérique dans les écoles africaines et la réalité du terrain, ces témoignages résonnent en effet d’un écho particulier. Pourquoi ? Parce que si l’on pouvait s’attendre à ce que la majorité des témoins nous répond directement que « non, il n’y a pas d’ordinateur dans la classe », qui, à part la responsable d’une association de terrain du Burkina Faso aurait pu dire que « les lycées sont souvent équipées de salles informatiques neuves mais dont personne ne peut exploiter les ressources, faute de formation. Dans la plupart des cas même ces salles sont fermées » ? Ou que « des universités ont investi dans l'achat du matériel informatique comme l'université de Kinshasa, sans que ce matériel soit utilisé réellement à de fin d'enseignement/apprentissage... ».

    Qui mieux que ceux qui sont dans les écoles africaines peuvent nous expliquer la réticence de certains professeurs à faire des heures supplémentaires « au lieu de donner des cours particuliers qui leur rapportent un peu d’argent » ? Qui, mieux que Martin, enseignant et formateur sur le campus numérique francophone de Kinshasa peut raconter comment certains enseignants ne veulent pas mettre leurs cours en ligne « à la disposition de tous » ?

Martin

Enseignant et formateur sur le campus numérique francophone de Kinshasa

« Il y a une pratique courante des enseignants qui est celle de vendre leur cours aux apprenants

   Où aurait-on pu lire que, non seulement dans la plupart des pays sondés il n’y a  pas de réseau électrique digne de ce nom, mais en outre que, selon Philippe, au Burkina « les fortes amplitudes (du réseau ndlr) grillent nombre de modems et de cartes-mères » ? Qui, encore, pourrait témoigner de l’enthousiasme des jeunes enseignants et formateurs qui, comme Assane au Sénégal, « profite de ces vacances pour donner une semaine de formation aux formateurs dans mon ancien lycée de Dakar » ?

   Qui pourrait raconter l’ingéniosité des professeurs qui passent par les cybercafés pour travailler en réseau avec leurs élèves ? Et qui pourrait, dans un autre pays, répondre que « s'il ya des recherches à faire tu dois passer par le gérant du cyber pour qu'il le fasse pour toi et tu dois le payer pour ça aussi ». Qui ? A part vous ?

   Ce ne sont que des exemples. Les participants à cette enquête écoutent et commentent aussi les interviews réalisées avec des « experts de la question » et là encore, la confrontation est passionnante. Argumentés, documentés ou simplement issus d’expériences vécues sur le terrain, ces contributions nous apportent la matière d’articles que nous ne pourrions pas écrire autrement. Soyez en remerciés. De notre côté, nous préparons la publication du premier épisode de cette troisième enquête participative.

                                                                                                                                                                                      Source: RFI

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:48

   La tentation serait de répondre directement à la question posée par la négative : non, il n’y a pas (suffisamment) d’ordinateurs dans les classes en Afrique. Pourtant, certains témoignages l’attestent : quand il y a des machines en état de marche, le problème n’est pas résolu pour autant.

   La question était un peu abrupte, certains ont choisi d’y répondre sans détour. Y-a-t-il un ordinateur dans la classe ? « Je répondrai par la négation », nous écrit Mian. Enseignant-chercheur à l'école normale supérieure d'Abidjan, il peut même nous « certifier que notre institution ne dispose pas d'ordinateur dans les salles. » Lurhielle précise quant à elle depuis le Bénin que « tout près de Cotonou, vous rencontrerez bien des personnes qui vous demanderont : un ordinateur qu'est-ce que c'est ? ». « J’ai même terminé mon cycle secondaire sans avoir touché la souris. Quel drame ! », se désole Ntumba, « et pourtant les nouvelles technologies de la communication sont avantageuses et importantes car sans bibliothèque physique, on pourrait se servir des informations en ligne et quel espoir pour le Congo de demain ! »


   Même si ces témoignages n’ont aucune valeur statistique et que l’on sait bien qu’il existe – quand même - des programmes et des projets d’introduction des technologies de l’Information dans les écoles africaines, ils reflètent le désarroi de tout une partie de la jeunesse africaine francophone qui a parfaitement compris l’enjeu de l’informatique et de l’internet dans le monde d’aujourd’hui, mais n’y a pas accès.

Comme un lézard dans la maison

   Jeune Ivoirien, Salomon sait bien « qu’il n’y pas de poste à pourvoir sans qu'il y ait mention de connaissance des TIC. Pourquoi donc en priver les Africains ? » s’interroge-t-il. Quand Patrick de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, compare l’ordinateur à …« un lézard qui accède dans des maisons sans l'autorisation des propriétaires et s'introduit forcément dans la vie de quiconque se lance sur la voix du développement». Et si « tout manque pour l'éducation », comme le dit Maiga du Mouvement Alternatif Africain, « ce n'est pas une raison de ne pas évoquer la question de l'informatique, elle est capitale. » Aujourd’hui avec l’ordinateur, hier via la télévision ou la radio, la tentation de trouver des solutions « technologiques » aux défaillances du système éducatif en Afrique existe depuis des années, rappelle le professeur Jacques Wallet. « La télévision éducative nigérienne existait avant que la télévision publique n’émette », explique ce spécialiste de la question qui coordonne un réseau de 450 chercheurs à travers le monde sur cette problématique, le Resafad. Pourtant, la question n’a pas trouvé de réponse simple et les plus grands projets assortis des budgets les plus conséquents n’ont parfois rien donné.

   Ces échecs financiers ne sont pas passés inaperçus dans des pays où le seul fait d’envoyer les enfants à l’école relève parfois du défi. Cultivateur au Cameroun, Michel « refuse qu'on continue à se faire des sous sur son dos sous le prétexte de le faire entrer dans la "e-modernité" par la grande porte du petit écran fascinant des ordinateurs ». Cette question du « détournement » des fonds alloués à l’introduction des TIC a également été posée par Atsu, jeune Togolais résidant à Dakar. Didier Oillo est en charge des innovations via les nouvelles technologies dans l’enseignement au sein de l’Agence Universitaire de la Francophonie, il lui a répondu.


   Jusqu’à quel point les programmes de soutien aux nouvelles technologies relèvent-ils de la théorie dans l’enseignement supérieur ? Autrement dit, y-a-t-il des ordinateurs dans les amphithéâtres en Afrique ? La réponse de Didier Oillo.

Pas de données officielles sur la question

Pour essayer de trouver des données chiffrées, nous nous sommes adressés à l’Unesco. Virginie Torrens y travaille en tant que responsable des "TIC" au Bureau Régional de l’Education pour l’Afrique (BREDA)

Virginie Torrens

Responsable des Technologies de l'information et de la communication pour la BREDA

« Je ne veux pas m'aventurer dans les données chiffrées mais il y a un fort pourcentage de gens qui vont dans des cybercafés. »
   Pourtant, même installés au sein des campus universitaires, les cyber cafés ne répondent pas à la demande : « sept ordinateurs payants », c’est ce dont dispose Aboubacar... avec « les 8 600 autres étudiants guinéens de son université.» Qu’importe, depuis Madagascar, Jean-Loup nous écrivait il y a quelques jours qu’en tant qu’enseignant il avait « pris l'option d'enseigner et de transmettre les informations à travers le net et, oh joie ! … grâce au cybercafé de la ville, mes étudiants (120 au total) ont pu recevoir de la documentation et les préalables conceptuels et théoriques pour mon cours d'organisation d'entreprises. »

La fracture énergétique, une réalité incontournable

   « Je pense que votre nouveau thème de discussion repasse sur certains aspects déjà évoqués lors de la discussion sur le Prix de l’internet en Afrique », remarque Abani depuis Le Niger. C’est vrai. Impossible de parler d’ordinateur à l’école sans évoquer certains problèmes majeurs et récurrents que Blaise résume dans un message venu du Burundi : « D'abord, l'électricité permanente touche moins de 10 % de la population en général, le groupe électrogène capable de faire fonctionner un seul ordinateur consomme par jour 4 fois plus que le salaire journalier d'une famille africaine, les pièces de rechanges pour les TIC sont très chères, importées et piratées, les techniciens informatiques inconscients profitent de l'ignorance africaine des TIC pour taxer les prix d'installation et de réparation très élevés, les réseaux de communication TIC et téléphonique couvrent parfois moins de 1/10 du territoire ».
   Ouf ! Pourtant, il ne s’agit pas d’un coup de colère de la part d'un internaute isolé. Blaise exprime par son courriel l’avis de nombre de participants pour lesquels, comme Philippe, « sauf solution alternative et pour l'instant marginale, l'accès à l'électricité est indispensable. » Or, précise-t-il, non seulement la plupart des écoles du Burkina où il travaille n’ont pas l’électricité mais « les fortes amplitudes grillent nombre de modems et de cartes-mères » des ordinateurs.

Des ordinateurs… dans des salles fermées à clef

   Et puis, au fil de la discussion, les ordinateurs que l’on cherchait apparaissent. A Zinder, au Niger où Abani est professeur, « on a bénéficié d'une salle informatique avec connexion à internet par le PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement, ndlr) mais jusqu'a présent on en fait un usage moyen car on n'a pas d'objectifs ou de programmes précis à réaliser ». Assane, qui revient d’un séjour à Dakar affirme que son ancien lycée dispose de « plusieurs salles informatiques mais l'accès pour les élèves reste toujours difficile ». Idem à Gao, au Mali, où Maiga nous décrit des salles fermées et des « machines non installés depuis trois ans ». Voilà une problématique à laquelle on s’attendait moins, celle de ces « salles informatiques neuves dont personne ne peut exploiter les ressources, faute de formation » que l’association Biblio'Brousse , pour laquelle travaille Amandine, met en service au Burkina Faso. Une problématique résumée par le secrétaire exécutif du Fonds Mondial de Solidarité Numérique en ces termes :

Alain Clerc

Secrétaire Général du Fonds Mondial de Solidarité Numérique

« Je pense qu'il serait erroné d'acheter du matériel ici et puis de le" balancer" auprès des populations exclues de la société de l'information. »

   Pourquoi y-a-t-il des ordinateurs non utilisés dans les classes en Afrique ? Pourquoi l'accès à ces salles reste « toujours difficile pour les élèves » pour reprendre l'expression d'Assane ? C’est le sujet du prochain article issu de l’enquête participative en cours sur le forum de l’Atelier des Médias.

                                                                                                                                                                            Source: RFI

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:45

    Manque de formation des enseignants, mais aussi parfois manque de motivation de leur part, intérêt des élèves pour des sites internet qui n’ont rien à voir avec leurs études : l’accès à l'ordinateur dans les écoles en Afrique n’est pas sans poser certains problèmes. Problèmes inattendus pour certains, et pourtant incontournables, selon les membres de l’Atelier des Médias qui participent à cette enquête.

    « La disponibilité du matériel informatique : c’est la première chose » qu’a remarquée Assane en retournant en vacances chez lui, à Dakar, pour « donner une semaine de formation aux formateurs dans son ancien lycée Seydina Limamou-Laye de Guediawaye. » La deuxième, c’est que si « le lycée dispose de plusieurs salles informatiques, l'accès pour les élèves reste toujours difficile ». Un paradoxe dans des pays où le matériel est rare, et pourtant : « on entend seulement parler de dons d'ordinateurs alors que les bénéficiaires ne savent pas l'utiliser » explique Atsu, jeune Togolais vivant au Sénégal. « Ce qui revient en fait à donner un livre à un illettré.» Autrement dit par François, qui coordonne les programmes de l’International Institute for Communication and Development ( la coopération néerlandaise) pour le Mali et le Burkina Faso  « une des pensées erronées de beaucoup de bailleurs est qu'en fournissant des ordinateurs (souvent de seconde main), on arrivera à solutionner le problème de l'enseignement en Afrique." Virginie Torrens s’occupe des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour l’Education au sein du Bureau de l’Unesco à Dakar. Elle confirme le besoin de formation, dans une perspective de long terme si possible.  

Virginie Torrens

Responsable des Tice au Breda

« Il y a vraiment un souci de formation locale. »

 

   Cette nécessité de mettre l’accent sur la formation, personne ne la nie. Au cours de la première Table Ronde ministérielle africaine sur les TIC pour le développement, l’Education et la Formation à Nairobi en 2007, plusieurs ministres de l’Education cités dans le rapport InfoDev de la Banque Mondiale ont d’ailleurs « décidé que des centaines de milliers d’enseignants doivent être qualifiés en TIC ». L’Agence Universitaire de la Francophonie s’y emploie, mais les besoins dépassent de beaucoup l’offre de formation, selon Didier Oillo, en charge de l’innovation par les TIC dans l’enseignement pour l’AUF.

Didier Oillo

Responsable de l'innovation technologique à l'Agence Universitaire de la Francophonie.

« 2000 personnes formées par an en Afrique subsaharienne, ce n'est rien du tout par rapport aux besoins et à la démographie estudiantine. »


Se former oui, mais avec quelle contrepartie ?

« S’intéresser à la technologie sans s’intéresser aux hommes est un non-sens ». La formule est séduisante mais quand on s’intéresse aux hommes, on rencontre sur le terrain des réticences très « humaines ». Martin est enseignant chercheur à l’université de Kinshasa et nous parle de ces professeurs aux revenus insuffisants qui vendent leur cours sur polycopiés à leurs élèves et ne voient pas du tout l’intérêt d’être formés aux TIC pour les mettre en ligne à la portée de tous.

Martin

Enseignant chercheur à l'université de Kinshasa (RDC)

« Le syllabus est une pratique courante qui équivaut à une source de revenus. »


   Une pratique que François, de l'IICD, connaît au Burkina Faso sous un autre aspect. A la question de savoir si les enseignants qu’il côtoie dans le cadre de ses projets sont tous motivés par la formation aux TIC, il demande à son tour : « quelle serait leur motivation pour s’investir davantage, alors qu’ils sont déjà sous-payés et qu’ils reçoivent de leur point de vue si peu de soutien de l’Etat pour avancer ? Ils préfèrent alors se faire un peu de pain en donnant des cours particuliers après l’école. » Le manque d’incitation financière pour des enseignants souvent mal considérés n’est d'ailleurs pas le seul obstacle à la sensibilisation des enseigants aux TIC en Afrique. Selon Canon qui nous écrit de Madagascar, « les observations de terrain montrent que mêmes des profs formés "ne s'y mettent pas" car il leur faut être à l'aise ; plus à l'aise que les jeunes qu'ils ont en face d'eux. Les ordinateurs sont sous clef comme jadis les livres étaient derrière les vitres des bibliothèques, car tout contenu autre que son cours apparait à un enseignant comme une menace, un risque de délégitimation de son savoir et de son pouvoir. » Or sur ce point, ici peut-être davantage que dans les pays riches, la fracture générationnelle est palpable.

Jacques Wallet

Coordinateur du Réseau Africain d'Enseignement à Distance

« Il y a une vraie fracture numérique entre les adolescents et les adultes. »

 Mais quand les professeurs « se mettent au courant de ce que sont les pratiques de leurs élèves », ils n’en sont parfois que plus décidés à fermer les salles informatiques à clef...

Les sites de stars plutôt que les sites d'enseignement

   Plus à l’aise que leurs aînés avec l’outil informatique, les jeunes d’Afrique francophone en profitent-ils pour enrichir leurs connaissance ? Oui, mais selon Maiga, sur dix élèves qui viennent au télé centre « trois viennent pour des recherches, pour des exposés ou d’autres choses, sinon les sept autres viennent uniquement pour des recherches soit sur un rappeur ou sur un acteur des feuilletons qui passent en ce moment à la télé malienne. ». Et cet attrait pour la musique et les célébrités est la même au Togo puisque selon Ajavon « la majorité (des jeunes) s'intéresse à la musique, aux célébrités du show business (stars de musique, de sport, de cinéma...). Une fine minorité s'intéresse à la recherche estudiantine, scientifique pour combler leurs travaux de recherches scolaires. » Quand il ne s’agit pas de surfer sur des « sites x et d'autres de déviance » contre lesquels Ndoumbé suggère la mise en place « d’un système de protection » au Cameroun où il habite. Car au final, les parents des élèves eux aussi estiment que « l'informatique est source de dérive. Ils pensent que c'est uniquement un outil d’amusement. Ils auraient aussi raison en partie. »

Ordinateur : objet de pouvoir réel, ou supposé

   Connexion aux sites de rencontres, chat, échange de courriels : « la demande des élèves est énorme en matière de création de liens interpersonnels » selon Amandine, la responsable de l’association Biblio’ Brousse qui sillonne le Burkina Faso pour former élèves et enseignants aux TIC. Or ce sont ces pratiques qui conduisent « les responsables à restreindre l’accès à internet. Il faut changer la mentalité des élèves » plaide Assane. Mais qui peut le faire ? « Ces vieux moribonds du paléolithique qui s’en tiennent à leurs vieilleries » ainsi qu’Ajavon décrit les enseignants dans son message ? Et d’ailleurs, les enseignants âgés sont-ils effectivement les plus réfractaires à l’innovation par les TICE ? « Très loin de là » lui répond Amandine car, dit-elle, les « vieux professeurs ont l'amour de leur métier (ce pourquoi ils sont toujours là) qui les pousse à toujours aller vers plus de connaissances pour améliorer leurs cours, tandis que beaucoup de jeunes professeurs enseignent par dépit et ont une certaine aigreur par rapport à leur situation qui les pousse à s'opposer à toute forme de progression collective. Ce type de professeurs met beaucoup d'énergie pour que les élèves ne puissent pas accéder aux ordinateurs au sein des lycées. » Et de préciser que la seule condition à l’ouverture d’une salle informatique, une fois tout le monde formé par son association, c’est que les élèves puissent y accéder. « Dans certains lycées, les professeurs ont refusé. La salle n'a pas été installée. » Car, poursuit Amandine, « l'ordinateur dans le lycée au Burkina (mais je suppose dans d'autres endroits également) est devenu, par sa rareté et l'intérêt qu'il suscite, un fort outil de pouvoir, à un niveau que l'on a du mal à imaginer, notamment dans les relations entre professeurs et élèves, membres de l'administration et professeurs.» « Raison de plus pour inscrire la machine au cœur de projets pédagogiques », conclut-elle.

   Avec des contenus adaptés au public de chaque pays. Lesquels ? Le tableau blanc interactif (TBI) avec une réserve de contenus accessibles sans l’internet est-il une voie intéressante ? Ce sera le prochain article issu de la discussion en cours sur le site de l’Atelier des Médias : Afrique : y-a-t-il un ordinateur dans la classe ?

Merci à l'association Biblio'Brousse et à l'association Yam Pukri d'avoir mis leurs photos à notre disposition.

                                                                                                                                                                        Source: RFI

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:40

   Et si il y avait un ordinateur dans la classe  et que les enseignants étaient formés pour s’en servir avec les élèves, qu’est-ce que cela changerait ? Et quand on n’a pas de connexion internet, un ordinateur ça sert encore à quelque chose ? Deux questions auxquelles vous répondez dans cet article. Questions à laquelle Christian depuis Yaoundé au Cameroun ajoute celle, plutôt polémique, du Tableau Blanc Interactif. Retrouvez toutes les contributions à cette discussion sur le forum de l’Atelier des Médias

    On dit qu’une image vaut parfois bien des discours... Celle que vous voyez au-dessus de cet article a été prise à Kilembwe, dans le Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Un témoignage iconographique en quelque sorte que nous a fait parvenir Patient avec cette seule question : « Comment peut-on apprendre l'ordinateur dans cette classe de lycée ? ». Cette question, à ce stade de l’enquête, nous nous devions de la poser. Depuis le Maroc, Abd Elfetah  nous la soumet en décrivant « nos écoles (qui) sont encore à l'âge de craie »…Une jolie expression pour une vraie question : peut-on parler d’ordinateur alors que les classes en Afrique sont surchargées, les enseignants et les élèves privés de tout, les étudiants tiraillés par la faim ? La réponse ou plutôt les réponses, c’est vous qui les avez données, et on commence par celle d’Abdellatif, marocain lui-aussi.

Au Maroc, tableau noir ou programme multimédia

  Abdellatif est enseignant. Passionné par les TICE(1), il a tenté sa chance lors d’un concours annuel organisé par son ministère de l’éducation nationale sur « la production de supports didactiques multimédia ». Son projet, l’apprentissage de la langue Amazighe (le berbère) avec des images, de l’animation, de la musique et « quelques techniques pédagogiques, comme les questionnaires à choix multiple, la comptine ...etc. » lui a valu d’être lauréat de l’édition 2006 du concours. Mais ce qu’il en retient surtout, c’est l’impact sur l’efficacité de son métier d’enseignant avec « plus d’autonomie pour les élèves, une meilleure évaluation de leurs progrès, une plus grande motivation de la classe via le caractère ludique des programmes ». Abd Elfetah et Abdellatif vivent dans le même pays et tandis que le premier travaille la craie à la main, l’autre conçoit des programmes multimédia. Un exemple parmi d’autres des disparités énormes constatées au sein d’un même pays parfois …et souvent d’un pays à l’autre. Mais au delà des différences, les points communs sur l’intérêt d’avoir un ordinateur dans sa classe demeurent. Le premier d’entre eux étant l’accès à une documentation actualisée, même sans connexion internet.

Surtout n’envoyez pas de livres !

   Accéder à des contenus quand « les bibliothèques sur place sont pauvres en documents » est un des premiers atouts de l’ordinateur selon vos témoignages. Et quand on peut disposer de programmes pédagogiques qui ne datent pas de « 1980 pour un cours en vigueur en 2006 » comme Blaise l’a expérimenté avec son Professeur d’économie au Burundi, c’est encore mieux. C’est l’objectif initial d’Accesmad. Fondée pour pallier le manque de documentation scientifique accessible à Madagascar et par là-même la quasi désertion par les élèves des filières scientifiques au baccalauréat, l’association de Jacques-Marie Perrier avait pour but initial de fonder une médiathèque. « Pas de livres s’il vous plait ! » leur a demandé un directeur de lycée, anticipant la pénurie de manuels par rapport au nombre d’élèves concernés, la gestion des prêts, la fragilité du papier, la péremption des contenus… « De toutes façons, le transport couterait trop cher », selon Accesmad qui pensait tout simplement télécharger des contenus de cours via internet pour remplir sa médiathèque électronique. « Là, on a beaucoup tâtonné » avoue Jacques-Marie Perrier, « avec une connexion excessivement lente, des problèmes de coupures d’électricité… » Bref, cinq ans après, les cours de physique-chimie, de sciences naturelles, de la seconde à la terminale sont accessibles « en local » (les informations sont contenues dans la mémoire des ordinateurs) dans 38 lycées publics malgaches. Des informations que l’on peut actualiser soi-même, s’il y a une connexion internet. Et les filières scientifiques remportent un tel succès auprès des élèves que les professeurs manquent pour satisfaire les besoins ! Mais si ce projet a été fondé sur l’usage de l’ordinateur, il a été monté sur place avec les enseignants qui ont été formés pour cela. Le tableau blanc interactif, lui, est un outil inédit même dans les salles de classe des pays riches.


Le tableau blanc interactif, ordinateur collectif

  C’est une sorte d’ordinateur collectif avec un écran où chacun peut écrire comme sur un tableau noir sauf que la machine contient la réponse à la question posée avec tous les documents possibles pour illustrer le cours. Selon Christian, ce Tableau Blanc Interactif, dont il a été souvent question notamment lors de la conférence sur la solidarité numérique en novembre dernier à Lyon, « va révolutionner l'éducation en Afrique » C’est aussi l’avis de Gabriel Cohn-Bendit. Président fondateur du Réseau Education pour Tous en Afrique, il ne tarit pas d’éloge sur cet outil, beaucoup plus intéressant qu’un ordinateur selon lui en ce qu’il est collectif et ludique

Gabriel Cohn-Bendit

Président et fondateur du réseau éducation pour tous en Afrique (Repta)

« C'est un tableau interactif dans lequel on peut projeter des choses qui sont dans l'ordinateur et on peut en mettre en partant du tableau, en écrivant dessus. »
   Une machine qui donne la bonne réponse à la place du professeur ? Pour Gabriel Cohn-Bendit, ce peut être le moyen d’améliorer la formation des enseignants en Afrique dont on sait qu’elle (aussi) manque de moyens. Pour Marc en revanche, si l’on n’y prend pas garde, c’est surtout prendre le risque « dans l'euphorie de l'utilisation de nouvelles technologies (…) d’ignorer certaines missions du maître, pilier de la formation de l'enfant. Car il ne s'agit pas, dit-il, d'accumuler dans la tête de nos enfants, n'importe quelles informations contenues dans les serveurs du monde entier » Témoignage conforté par la contribution de François, coordinateur de projets éducatifs au Burkina Faso et au Mali pour l’IICD ( la coopération néerlandaise) : « L'approche Tableaux Blancs Interactifs pour l'Afrique n'est en soi pas une mauvaise initiative, dit-il,mais les systèmes éducatifs en Afrique sont-ils suffisamment prêts pour réellement intégrer un outil pareil ? En dehors du problème des infrastructures et des coûts, le deuxième défi non moins fondamental est celui du changement des approches/mentalités pédagogiques. » Ces critiques sont intervenues après que nous ayons interrogé Gabriel Cohn-Bendit et mis son interview en ligne sur le site de l’Atelier des médias. Nous n’avons donc pas pu lui soumettre. Il a répondu en revanche à d’autres critiques sur cet outil qui fait couler beaucoup d’encre et passe parfois pour une « idée du Nord » comme l’affirme Blaise  depuis le Burundi qui prête à notre invité « des idées ambitieuses et fausses sur l'Afrique » qui finiront « comme d’habitude dans des séminaires pour intellectuels et n’atteindront jamais leur public cible » Pourtant, répond le Repta, les contenus de ces ordinateurs d’un genre nouveau sont pour une fois des documents issus des pays africains et édités en langue locale.

Gabriel Cohn-Bendit

« Toutes les technologies, si elles sont bonnes je veux que les plus démunis en profitent. »
   Réponse de Blaise : « Je lui conseille de lancer le projet, le financer, le mettre en œuvre, faire le suivi-évaluation et allouer les intérêts au bénéficiaires. » Et c’est justement ce que prévoyait le Repta au moment où nous l’avons joint par téléphone. Gabriel Cohn-Bendit se préparait en effet à partir au Burkina Faso, en mission de reconnaissance, un voyage dont nous avons eu des échos incidemment …via une des membres de l’Atelier des Médias ! Marino est professeur de Français Langue Etrangère en Italie et correspond grâce à internet avec d’autres écoles dans le monde. C’est elle qui nous a raconté comment l’association avec laquelle travaille Alassane au Burkina Faso avait pu bénéficier grâce au Repta d’un accès au Tableau Blanc Interactif, une « arme précieuse de lutte conte l’ignorance et de promotion de l’éducation » selon Alassane. Une arme hors de portée de la plupart des écoles mais dont Gabriel Cohn-Bendit prévoit que le prix va baisser.

Gabriel Cohn-Bendit

« Les coûts vont énormément baisser comme pour les téléphones portables. »
   Tableau blanc interactif, ordinateur, internet, pour les élèves, c’est aussi la possibilité de découvrir d’autres horizons, qu’ils soient africains, français ou italiens comme ceux de Marino qui voudraient ajouter, dit-elle,    « combien cela leur apporte de se confronter par le biais d'un ordinateur et d'une langue commune (le français) et de se découvrir si proches... » Quand l’ordinateur abolit les distances, et permet aussi de suivre des cours au Québec ou en France en restant dans son pays d’origine...Ce sera le prochain volet de notre enquête participative. En marge de cet article, vous trouverez une version plus longue de l’interview de Gabriel Cohn-Bendit sur le Tableau Blanc Interactif. Enfin, merci à ceux qui nous ont envoyé les photos qui illustrent cet article. N’hésitez pas à en envoyer d’autres, nous essaierons de les publier en même temps que vos témoignages.

                                                                                                                                                                                  Source: RFI

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 09:33

La place de l’ordinateur à l’école en Afrique ? Le sujet est à l’évidence trop vaste pour être traité en quelques articles, même inspirés d'une enquête participative riche de plus de 230 témoignages. Il nous faut pourtant clore cette discussion. De « l’ordinateur à 100 dollars » à la question du prix des logiciels en passant par le problème de la maintenance informatique, retour pour ce dernier article sur tous ces points que vous avez soulignés. Avec, en guise de conclusion quand même, un éclairage inédit sur l’impact de l’ordinateur dans l’apprentissage des enfants. Une expérience menée en Inde par le Laboratoire d’action contre la pauvreté du MIT (1)

« L’ordinateur à 100 dollars » pour les enfants des pays pauvres ?

  Dès le début de la discussion, c’est vous qui en avez parlé. Pour Sia, du Burkina Faso, c’est la « grande promesse » de la Fondation OLPC (« One Lap top per Child », autrement dit « un ordinateur portable par enfant »). Véritable « défi de civilisation » selon Djibirine, (Togo), le projet lancé par l’informaticien américain Nicolas Negroponte a déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses interviews y compris dans l’Atelier des Médias… Au point que beaucoup d’entre vous, comme Bertrand, de Lomé, qui voudrait « plusieurs ordinateurs de ce type pour améliorer les enseignements qu’il donne aux enfants de son quartier » se demandent aujourd’hui : « Comment dois-je procéder ? ». L’ordinateur à 100 dollars, qui en coûte en fait près de 200,  comme nous l’explique Lionel Laské d’OLPC France (voir audio ci-dessous) suscite toujours beaucoup d’espoir. L’annonce de « la réduction drastique » des effectifs et des moyens de la fondation début 2009 a d’ailleurs été immédiatement répercutée sur le forum de la discussion. Pourquoi alors ne pas avoir traité plus en profondeur la question de l’ordinateur à 100 dollars ? Sans doute parce que le projet suscite – aussi- beaucoup de réserves au sein du monde éducatif. En résumé, le principal reproche fait au projet OLPC est qu’il fait la part trop belle à la technologie (Google et le fabricant de microprocesseurs AMD font partie de son Conseil d’administration nous dit Lionel Laské dans l'interview). Or, si la machine peut être un soutien, elle ne garantit pas forcément de meilleurs résultats dans l’apprentissage (voir à ce sujet l’entretien avec Hélène Giacolbino sur l’expérience indienne). Cet argument, vous l’avez vous aussi développé et nous l’avons repris dans les articles de cette enquête. Faire la promotion de « l’ordinateur à 100 dollars » dans ce contexte n’aurait pas été très logique. Pour autant, le projet de la Fondation OLPC a le mérite selon François Laureys de l’IICD (la coopération néerlandaise) de poser concrètement la question du prix du matériel neuf. Sur ce point et sur l’avenir de l’OLPC nous avons joint le président d’OLPC France Lionel Laské

Lionel Laské

Président de la fondation OLPC France (One Laptop Per Child)

« L'ordinateur annoncé à 100 $ coûte en réalité 188 $ mais l'idée c'est qu'il puisse y avoir un financement autre pour l'acquisition de ce matériel éducatif. »

La « facture numérique »

Si le projet OLPC ne fait pas l’unanimité, le sujet de la « facture numérique » comme l’appelle Mombo, lui, revient systématiquement dans vos interventions et dépasse le seul problème du prix des machines. « Un ordinateur, c'est bien » nous écrit Ajavon de Lomé, au Togo, « mais un ordinateur est une suite de programmes et ces programmes sont encore assez inaccessibles sur le vieux continent.(…). Vous prenez un logiciel de gestion financière comme "ciel compta" …Cela vaut plus de 150 euros ». Ici, c’est tout le débat du « logiciel propriétaire » contre le « logiciel libre » qui s’invite dans la discussion. Depuis Libreville, Mombo nous explique ainsi que « les logiciels libres, sont gratuits, accessibles à tous sur l'internet, il suffit seulement de les télécharger, comme Linux. Malheureusement, en Afrique, ce sont les logiciels onéreux qui se perfectionnent d’année en année, c’est Windows qui est en vogue. » « Oui, tout à fait d'accord », lui répond Laurent, « il faut absolument baisser le coût de l'informatique en évitant d'acheter du matériel tous les 4 ans et en payant des licences. C'est ce que nous proposons et on arrive à des solutions vraiment pas chères ». Inutile de dire que nous avons relancé Laurent sur ces « solutions vraiment pas chères ». Réponse : « En fait le concept est assez simple : il n'y a plus aucune donnée sur le PC (poste de travail) et celui-ci ne sert qu'à afficher le "travail" qui est fait sur un gros ordinateur central (un serveur). Cela permet de travailler avec toutes ses données (fond d'écran, applications, fichiers, ...) depuis n'importe où puisqu'elles sont centralisées. Cette solution a été mise au point pendant 4 ans et uniquement avec des logiciels open source (dont le code est accessible à tous et qui sont gratuits ndlr). Donc pas de licences à payer, pas de matériel récent à acheter (sauf l'ordinateur central) et on arrive à des solutions vraiment pas chères et qui permettent de valoriser les déchets informatiques (2). Si quelqu'un souhaite tester c'est gratuit, il suffit de remplir ce formulaire ...
« Quand j'ai ouvert la chambre de cartouche, elle était "pourrie" par manque d'utilisation »

   Autre dépense incontournable quand on parle de matériel informatique en Afrique : la maintenance. Les ordinateurs donnés ou achetés à bas prix sont en effet souvent du matériel d’occasion or, en l’absence de compétences sur place pour réparer ces matériels, on en arrive à des situations absurdes comme celle qu’a vécue Blaise : « Pour la moindre panne, les gestionnaires recherchent des financements auprès des ONG. S'il n'y a pas de financement de la panne les salles restent fermées. Parfois ces pannes sont banales. Dans un lycée de la province Kayanza au Burundi ils m'ont dit que leur imprimante ne fonctionnait pas depuis 10 ans, qu'ils n'avaient pas eu des frais pour la réparer. Quand j'ai ouvert la chambre de cartouche, il y avait une cartouche pourrie par manque d'utilisation ». Autrement dit par Ajavon depuis Lomé, « l'Afrique n'a pas besoin à mon avis des ordinateurs qui la polluent, mais des ordinateurs qui sauront redresser son économie et faire valoriser son potentiel intellectuel.» Et même quand les ordinateurs sont neufs, « les coûts de maintenance du matériel informatique (…) sont souvent élevés et amènent des cybers et des salles et centres informatiques à se retrouver avec pléthore de hardware inutile ! » regrette Ephrem depuis le Bénin.

Formateur informatique propose ses services gratuitement

  Enfin, parmi les choses dont on n’a pas parlé, il y a tous ces retours d’expériences réussies. Celle de Gabriel qui a implanté « un centre informatique à 180 kms de Bukavu précisément Kamituga où tout le monde voulait non seulement voir et toucher l'ordinateur, mais aussi apprendre, car pour la plupart des gens c'était la première fois qu’ils voyaient l'ordinateur. Après trois mois de formation nous venons de remettre les brevets à 18 lauréats ». Ousmane, au Niger, raconte comment « la Sœur-directrice Geneviève Essi Sokpor a monté des cours informatiques sans aucune aide extérieure. Depuis octobre 2008 les classes de CE2, CM1 et CM2 suivent une heure de cours d’informatique par semaine, tous les enseignants de l’école suivent une formation d’initiation à l’informatique ». Selon lui, « c’est juste une question de volonté ». Une proposition de service pour conclure. Celle de Said Omar, Comorien de 25 ans, formateur en informatique. « Je propose que l’on fasse une sorte de partage de connaissances de façon bénévole. C'est-à-dire qu’une organisation, association ou une personne paye le billet et le logement,disons une ou deux mois ou plus si c’est possible, à des formateurs pour aller dans un pays comme la Guinée, le Sénégal, pour aller leur porter secours. Moyennant comme salaire zéro franc. En ce qui me concerne, je suis disponible pour deux mois pour cette idée » conclut-il.

L'ordinateur, efficace pour apprendre en maths, pas en langue 

On le voit bien, la question initiale « Y-a-t-il un ordinateur dans la classe » était le prétexte à une discussion plus large sur la place de l’informatique dans l’enseignement en Afrique. Sur la question de l’apport de ces technologies dans les processus d’apprentissage, une enquête inédite a été menée par le Laboratoire d’action contre la pauvreté, autrement appelé J-Pal. Ce réseau international de chercheurs mène des expérimentations concrètes sur les projets de réduction de la pauvreté. Dans le domaine de l’éducation, des résultats intéressants ont été mis à jour en Inde sur l’impact de l’ordinateur à l’école, comme l'explique Hélène Giacobino, directrice du développement pour J-Pal Europe

Hélène Giacobino

Directrice du développement de J-Pal Europe

« Le laboratoire J-Pal a pour objectif d'évaluer l'impact de programmes de lutte contre la pauvreté, afin de vérifier quel programme est le plus efficace dans tel ou tel domaine notamment dans l'Education... L'intérêt de ce type d'évaluation est très important. Une étude comme ça évite beaucoup de discussion sur des sujets qui sont plus politiques par exemple, donc ça permet de rapprocher des gens qui au départ ont des opinions différentes parce qu'ils peuvent constater des résultats rigoureux. »

   Mais si l’ordinateur n’est pas indispensable pour apprendre à l’école, ne pas savoir s’en servir dès le plus jeune âge, c’est la certitude d’être coupé du reste du monde. C'est bien ce que l’on appelle la fracture numérique.

   Nous continuons de travailler sur un diaporama sur le sujet de cette enquête avec vos photos. Il vous sera proposé dès que la banque d'images sera suffisamment fournie pour une synthèse en images de qualité. Merci à Sylvestre de Burkina-NTIC de nous avoir fait découvrir les tableaux de Kabré. Vous pouvez retrouvez toutes les contributions à l’enquête participative : Afrique y-a-t-il un ordinateur dans la classe sur le site de l’Atelier des Médias. Vous pouvez aussi venir y proposer de nouveaux sujets d’enquête.

  (1) Fondé en 2003 au MIT (Massachusetts Institute of Technology), J-PAL, réseau de chercheurs, compte depuis 2007 deux antennes régionales en Europe et en Inde. Dirigée par Esther Duflo, également Professeur au Collège de France, ce réseau tente d'évaluer, par l'expérimentation, l'efficacité des politiques sociales dans les pays pauvres. (2) Ecoutez l'interview de Laurent Alliod dans l'Atelier des Médias.

                                                                                                                                                                                     Source: RFI

Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 11:02

 

   En Afrique, le boom de la téléphonie est devenu une source de croissance, de développement économique et social. Mais, faute de réseaux terrestres suffisants, c'est la technologie satellitaire ou hertzienne qui a prévalu, pour le téléphone comme pour l'Internet. Le projet New Drawn Satellite de la BAD (la Banque africaine de Développement) répond à cette forte demande en services de télécommunications en Afrique, visant à étendre les réseaux des opérateurs de téléphonie mobile aux régions peu ou mal desservies, à connecter les entreprises et les zones rurales et à stimuler le développement socio-économique.


   L’exploitation commerciale commencera, en début d'année 2011, pour la fourniture de services de téléphonie mobile et de diffusion de télévision sur l'ensemble du continent africain. Pour la BAD, il s'agit de continuer à soutenir le développement des technologies de l'information sur le continent africain. La banque a déjà injecté 14,5 millions de dollars soit 11,3 millions d'euros dans le projet EASSy pour la construction et l’exploitation d’un câble sous-marin à fibre optique le long de la côte est de l’Afrique.



Partant de Durban en Afrique du Sud, ce câble sous-marin de télécommunications à bande large traversera l'océan Indien sur 9.900 kilomètres jusqu'à sa destination finale, Port Soudan. Le câble sous-marin d'Afrique de l'Est, EASSy en anglais, fournira, entre autres, des connexions Internet permettant de transmettre des informations à une vitesse jusqu'à 40 fois supérieure à celle des connexions par ligne téléphonique. Il connectera l'Afrique du Sud, le Mozambique, Madagascar, la Tanzanie, le Kenya, la Somalie, Djibouti et le Soudan. Treize autres pays limitrophes devraient en bénéficier : le Botswana, le Burundi, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Tchad, l'Ethiopie, le Lesotho, le Malawi, le Rwanda, le Swaziland, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. 

Du surf à grande vitesse et des images en haute définition sur le continent, une Afrique qui ne sera plus exclue de la révolution numérique mondiale.

                                                                                                                                                                       Source: RFI
Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article
23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 10:59

 

Tout commence en mars 1989 au CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire. Le chercheur britannique Tim Berners-Lee, utilisateur de CERNET (réseau du CERN) devient le père du Web. En janvier 1995, il crée le Consortium international W3C pour amener le World Wide Web au maximum de son potentiel en développant des protocoles communs qui encouragent son évolution et assurent son utilisation générale.



Pour retrouver le premier site du web : 
http://info.cern.ch/

 

                                                                                                                                                                           Source: RFI
Repost 0
Published by BSTOURE - dans NEWS TIC
commenter cet article