Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /Avr /2009 10:30
 
   
   
   
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 09:34

Mise en forme automatique avec l’utilisation du clavier

Pour mettre en gras, italique ou souligné le texte sélectionné, il vous suffit simplement d'utiliser les raccourcis clavier suivants : Ctrl + G, Ctrl + I, Ctrl + U. Utilisez une nouvelle fois ces raccourcis pour revenir au style normal.

 

Augmentez rapidement la taille de la police

Dans Word, PowerPoint, Front page et Publisher, vous pouvez augmenter ou réduire rapidement la taille de la police d'un texte d'un simple raccourci clavier.
Pour cela, sélectionnez le texte dont vous souhaitez modifier la taille puis pressez simultanément sur les touches Ctrl, Shift et < pour le réduire. Pour l'augmenter, il suffit simplement de pressez simultanément sur les touches Alt Gr, Shift, >.

 

Utilisez vos images comme puces

Pour personnaliser vos documents Word, il est possible d'utiliser vos propres images en tant que puces. Pour cela, saisissez votre texte normalement avec les puces classiques. Une fois la saisie terminée, sélectionnez tout votre texte à puces puis cliquez avec le bouton droit de la souris sur le texte surligné puis choisissez la commande Puces et numéros. Dans l'onglet Avec puces, cliquez sur le bouton Images...
Choisissez alors une image dans la galerie de clip arts de Microsoft, puis cliquez sur le bouton Insérer le clip en haut du menu contextuel. L'image est alors automatiquement insérée à la place des puces classiques.
Pour utiliser vos propres images, il faut au préalablement les importer dans Clipart Gallery par le bouton Importer les clips.

 

PASSER SON TEXTE EN MAJUSCULES/MINUSCULES – WORD

Si vous avez un texte dans Word en minuscules et que vous souhaitez le passer en majuscules, ou vice-versa, Word met à votre disposition une fonction prévue à cet effet.
Tout d'abord, sélectionnez le texte pour qu'il apparaisse en surbrillance, puis rendez-vous dans le menu déroulant Format et cliquez sur la commande Modifier la casse.
Plus rapide encore, une fois votre texte sélectionné, appuyez simultanément sur les touches Maj et F3 de votre clavier.

 

Pour passer automatiquement la première lettre d'un mot en minuscule en majuscule, sélectionnez le mot en question puis appuyez sur les touches Maj + F3. En effectuant une seconde fois cette combinaison de touches, le mot sélectionné se retrouvera entièrement en majuscule. Enfin, effectuez une troisième fois la combinaison pour retrouver le mot d'origine en minuscule.

 

VISUALISER PLUSIEURS DOCUMENTS SIMULTANEMENT – WORD

Il est parfois pratique de pouvoir visualiser en même temps deux documents. Au lieu de redimensionner les fenêtres des deux documents manuellement, vous pouvez demander à Word de le faire automatiquement.
Ouvrez les documents à visualiser simultanément puis cliquez sur le menu Fenêtre puis sur la commande Réorganiser l'écran. Les documents se partagent alors équitablement l'écran.

 

TRAVAILLER EN MODE PLEIN ECRAN SANS PERDRE LES BARRES D’OUTILS WORD

Le passage en plein écran, qui se fait par le menu Affichage puis Plein écran fait également disparaître les barres d'outils. Pour les afficher tout de même, placez le curseur de votre souris en haut de votre écran pour faire apparaître les menus puis cliquez sur Affichage puis sur Barre d'outils. Choisissez alors les barres d'outils à afficher. Par défaut, toutes les barres d'outils s'affichent à la même hauteur. Cliquez dessus puis faites les glisser pour les déplacer à votre guise. Appuyez sur le bouton Fermer le plein écran pour revenir à l'affichage standard.

 

Retrouver l'endroit de votre dernière modification – Word

Lorsque vous travaillez sur un long document, il n'est pas évident de retrouver facilement l'endroit de votre dernière modification. Vous passez en effet votre temps à parcourir en long, en large et en travers votre document pour le trouver.
Heureusement, Word enregistre les trois derniers emplacements où vous avez modifié du texte dans votre document. Appuyez alors simultanément sur les touches Maj et F5 pour placer le curseur à l'endroit de votre dernière modification. Pour passer aux endroits précédents, appuyer de nouveaux sur ces touches.

Protégez un document Word par mot de passe


La dernière version de Word comporte une fonctionnalité permettant de protéger efficacement un document Word des regards indiscrets en y appliquant un mot de passe à l'ouverture ce celui-ci.
Pour cela, une fois votre document Word ouvert, allez dans le menu Outils puis Options. Dans la fenêtre qui apparaît à l'écran, rendez-vous dans le menu Enregistrement. Saisissez votre mot de passe dans le champ de saisie prévu à cet effet, puis cliquez sur le bouton Ok. 

 

Travailler sur deux parties d'un texte

Pour afficher deux parties d'un texte sur un même écran dans Word, utilisez le raccourci clavier Ctrl + Alt + S. Une ligne coupant en deux votre écran apparaît. Déplacez-la pour régler les dimension des deux parties. Vous pouvez maintenant travailler sur deux partiex de votre texte en même temps.
Pour annuler le fractionnement, faites glisser la ligne tout en haut ou tout en bas de l'écran ou bien allez dans le menu Fenêtre et cliquez sur Annuler le fractionnement.

Par BSTOURE - Publié dans : ASTUCES TIC
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 09:52

  Y-a-t-il un ordinateur quelque part dans votre école, votre lycée, votre université d'Afrique francophone ? La réponse est très souvent négative. Mais elle lance la discussion sur l'accès des écoliers, des enseignants, des étudiants africains aux savoirs diffusés sur internet. A quelles conditions un projet de développement des TICE, Technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, comme disent les spécialistes est-il adapté aux besoins sur place ? Quels sont les obstacles ? Les facteurs de réussite ? Le point sur la question, avec vos témoignages.

Y-a-t-il un ordinateur dans la classe ?

 Des étudiants sénégalais travaillent sur des ordinateurs, le 17 novembre 2004, sur le campus digital francophone de Dakar (CNDF).

    Entre les grands discours sur la réduction de la fracture numérique dans les écoles africaines et la réalité du terrain, ces témoignages résonnent en effet d’un écho particulier. Pourquoi ? Parce que si l’on pouvait s’attendre à ce que la majorité des témoins nous répond directement que « non, il n’y a pas d’ordinateur dans la classe », qui, à part la responsable d’une association de terrain du Burkina Faso aurait pu dire que « les lycées sont souvent équipées de salles informatiques neuves mais dont personne ne peut exploiter les ressources, faute de formation. Dans la plupart des cas même ces salles sont fermées » ? Ou que « des universités ont investi dans l'achat du matériel informatique comme l'université de Kinshasa, sans que ce matériel soit utilisé réellement à de fin d'enseignement/apprentissage... ».

    Qui mieux que ceux qui sont dans les écoles africaines peuvent nous expliquer la réticence de certains professeurs à faire des heures supplémentaires « au lieu de donner des cours particuliers qui leur rapportent un peu d’argent » ? Qui, mieux que Martin, enseignant et formateur sur le campus numérique francophone de Kinshasa peut raconter comment certains enseignants ne veulent pas mettre leurs cours en ligne « à la disposition de tous » ?

Martin

Enseignant et formateur sur le campus numérique francophone de Kinshasa

« Il y a une pratique courante des enseignants qui est celle de vendre leur cours aux apprenants

   Où aurait-on pu lire que, non seulement dans la plupart des pays sondés il n’y a  pas de réseau électrique digne de ce nom, mais en outre que, selon Philippe, au Burkina « les fortes amplitudes (du réseau ndlr) grillent nombre de modems et de cartes-mères » ? Qui, encore, pourrait témoigner de l’enthousiasme des jeunes enseignants et formateurs qui, comme Assane au Sénégal, « profite de ces vacances pour donner une semaine de formation aux formateurs dans mon ancien lycée de Dakar » ?

   Qui pourrait raconter l’ingéniosité des professeurs qui passent par les cybercafés pour travailler en réseau avec leurs élèves ? Et qui pourrait, dans un autre pays, répondre que « s'il ya des recherches à faire tu dois passer par le gérant du cyber pour qu'il le fasse pour toi et tu dois le payer pour ça aussi ». Qui ? A part vous ?

   Ce ne sont que des exemples. Les participants à cette enquête écoutent et commentent aussi les interviews réalisées avec des « experts de la question » et là encore, la confrontation est passionnante. Argumentés, documentés ou simplement issus d’expériences vécues sur le terrain, ces contributions nous apportent la matière d’articles que nous ne pourrions pas écrire autrement. Soyez en remerciés. De notre côté, nous préparons la publication du premier épisode de cette troisième enquête participative.

                                                                                                                                                                                      Source: RFI

Par BSTOURE - Publié dans : NEWS TIC
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 09:48

   La tentation serait de répondre directement à la question posée par la négative : non, il n’y a pas (suffisamment) d’ordinateurs dans les classes en Afrique. Pourtant, certains témoignages l’attestent : quand il y a des machines en état de marche, le problème n’est pas résolu pour autant.

   La question était un peu abrupte, certains ont choisi d’y répondre sans détour. Y-a-t-il un ordinateur dans la classe ? « Je répondrai par la négation », nous écrit Mian. Enseignant-chercheur à l'école normale supérieure d'Abidjan, il peut même nous « certifier que notre institution ne dispose pas d'ordinateur dans les salles. » Lurhielle précise quant à elle depuis le Bénin que « tout près de Cotonou, vous rencontrerez bien des personnes qui vous demanderont : un ordinateur qu'est-ce que c'est ? ». « J’ai même terminé mon cycle secondaire sans avoir touché la souris. Quel drame ! », se désole Ntumba, « et pourtant les nouvelles technologies de la communication sont avantageuses et importantes car sans bibliothèque physique, on pourrait se servir des informations en ligne et quel espoir pour le Congo de demain ! »


   Même si ces témoignages n’ont aucune valeur statistique et que l’on sait bien qu’il existe – quand même - des programmes et des projets d’introduction des technologies de l’Information dans les écoles africaines, ils reflètent le désarroi de tout une partie de la jeunesse africaine francophone qui a parfaitement compris l’enjeu de l’informatique et de l’internet dans le monde d’aujourd’hui, mais n’y a pas accès.

Comme un lézard dans la maison

   Jeune Ivoirien, Salomon sait bien « qu’il n’y pas de poste à pourvoir sans qu'il y ait mention de connaissance des TIC. Pourquoi donc en priver les Africains ? » s’interroge-t-il. Quand Patrick de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, compare l’ordinateur à …« un lézard qui accède dans des maisons sans l'autorisation des propriétaires et s'introduit forcément dans la vie de quiconque se lance sur la voix du développement». Et si « tout manque pour l'éducation », comme le dit Maiga du Mouvement Alternatif Africain, « ce n'est pas une raison de ne pas évoquer la question de l'informatique, elle est capitale. » Aujourd’hui avec l’ordinateur, hier via la télévision ou la radio, la tentation de trouver des solutions « technologiques » aux défaillances du système éducatif en Afrique existe depuis des années, rappelle le professeur Jacques Wallet. « La télévision éducative nigérienne existait avant que la télévision publique n’émette », explique ce spécialiste de la question qui coordonne un réseau de 450 chercheurs à travers le monde sur cette problématique, le Resafad. Pourtant, la question n’a pas trouvé de réponse simple et les plus grands projets assortis des budgets les plus conséquents n’ont parfois rien donné.

   Ces échecs financiers ne sont pas passés inaperçus dans des pays où le seul fait d’envoyer les enfants à l’école relève parfois du défi. Cultivateur au Cameroun, Michel « refuse qu'on continue à se faire des sous sur son dos sous le prétexte de le faire entrer dans la "e-modernité" par la grande porte du petit écran fascinant des ordinateurs ». Cette question du « détournement » des fonds alloués à l’introduction des TIC a également été posée par Atsu, jeune Togolais résidant à Dakar. Didier Oillo est en charge des innovations via les nouvelles technologies dans l’enseignement au sein de l’Agence Universitaire de la Francophonie, il lui a répondu.


   Jusqu’à quel point les programmes de soutien aux nouvelles technologies relèvent-ils de la théorie dans l’enseignement supérieur ? Autrement dit, y-a-t-il des ordinateurs dans les amphithéâtres en Afrique ? La réponse de Didier Oillo.

Pas de données officielles sur la question

Pour essayer de trouver des données chiffrées, nous nous sommes adressés à l’Unesco. Virginie Torrens y travaille en tant que responsable des "TIC" au Bureau Régional de l’Education pour l’Afrique (BREDA)

Virginie Torrens

Responsable des Technologies de l'information et de la communication pour la BREDA

« Je ne veux pas m'aventurer dans les données chiffrées mais il y a un fort pourcentage de gens qui vont dans des cybercafés. »
   Pourtant, même installés au sein des campus universitaires, les cyber cafés ne répondent pas à la demande : « sept ordinateurs payants », c’est ce dont dispose Aboubacar... avec « les 8 600 autres étudiants guinéens de son université.» Qu’importe, depuis Madagascar, Jean-Loup nous écrivait il y a quelques jours qu’en tant qu’enseignant il avait « pris l'option d'enseigner et de transmettre les informations à travers le net et, oh joie ! … grâce au cybercafé de la ville, mes étudiants (120 au total) ont pu recevoir de la documentation et les préalables conceptuels et théoriques pour mon cours d'organisation d'entreprises. »

La fracture énergétique, une réalité incontournable

   « Je pense que votre nouveau thème de discussion repasse sur certains aspects déjà évoqués lors de la discussion sur le Prix de l’internet en Afrique », remarque Abani depuis Le Niger. C’est vrai. Impossible de parler d’ordinateur à l’école sans évoquer certains problèmes majeurs et récurrents que Blaise résume dans un message venu du Burundi : « D'abord, l'électricité permanente touche moins de 10 % de la population en général, le groupe électrogène capable de faire fonctionner un seul ordinateur consomme par jour 4 fois plus que le salaire journalier d'une famille africaine, les pièces de rechanges pour les TIC sont très chères, importées et piratées, les techniciens informatiques inconscients profitent de l'ignorance africaine des TIC pour taxer les prix d'installation et de réparation très élevés, les réseaux de communication TIC et téléphonique couvrent parfois moins de 1/10 du territoire ».
   Ouf ! Pourtant, il ne s’agit pas d’un coup de colère de la part d'un internaute isolé. Blaise exprime par son courriel l’avis de nombre de participants pour lesquels, comme Philippe, « sauf solution alternative et pour l'instant marginale, l'accès à l'électricité est indispensable. » Or, précise-t-il, non seulement la plupart des écoles du Burkina où il travaille n’ont pas l’électricité mais « les fortes amplitudes grillent nombre de modems et de cartes-mères » des ordinateurs.

Des ordinateurs… dans des salles fermées à clef

   Et puis, au fil de la discussion, les ordinateurs que l’on cherchait apparaissent. A Zinder, au Niger où Abani est professeur, « on a bénéficié d'une salle informatique avec connexion à internet par le PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement, ndlr) mais jusqu'a présent on en fait un usage moyen car on n'a pas d'objectifs ou de programmes précis à réaliser ». Assane, qui revient d’un séjour à Dakar affirme que son ancien lycée dispose de « plusieurs salles informatiques mais l'accès pour les élèves reste toujours difficile ». Idem à Gao, au Mali, où Maiga nous décrit des salles fermées et des « machines non installés depuis trois ans ». Voilà une problématique à laquelle on s’attendait moins, celle de ces « salles informatiques neuves dont personne ne peut exploiter les ressources, faute de formation » que l’association Biblio'Brousse , pour laquelle travaille Amandine, met en service au Burkina Faso. Une problématique résumée par le secrétaire exécutif du Fonds Mondial de Solidarité Numérique en ces termes :

Alain Clerc

Secrétaire Général du Fonds Mondial de Solidarité Numérique

« Je pense qu'il serait erroné d'acheter du matériel ici et puis de le" balancer" auprès des populations exclues de la société de l'information. »

   Pourquoi y-a-t-il des ordinateurs non utilisés dans les classes en Afrique ? Pourquoi l'accès à ces salles reste « toujours difficile pour les élèves » pour reprendre l'expression d'Assane ? C’est le sujet du prochain article issu de l’enquête participative en cours sur le forum de l’Atelier des Médias.

                                                                                                                                                                            Source: RFI

Par BSTOURE - Publié dans : NEWS TIC
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 09:45

    Manque de formation des enseignants, mais aussi parfois manque de motivation de leur part, intérêt des élèves pour des sites internet qui n’ont rien à voir avec leurs études : l’accès à l'ordinateur dans les écoles en Afrique n’est pas sans poser certains problèmes. Problèmes inattendus pour certains, et pourtant incontournables, selon les membres de l’Atelier des Médias qui participent à cette enquête.

    « La disponibilité du matériel informatique : c’est la première chose » qu’a remarquée Assane en retournant en vacances chez lui, à Dakar, pour « donner une semaine de formation aux formateurs dans son ancien lycée Seydina Limamou-Laye de Guediawaye. » La deuxième, c’est que si « le lycée dispose de plusieurs salles informatiques, l'accès pour les élèves reste toujours difficile ». Un paradoxe dans des pays où le matériel est rare, et pourtant : « on entend seulement parler de dons d'ordinateurs alors que les bénéficiaires ne savent pas l'utiliser » explique Atsu, jeune Togolais vivant au Sénégal. « Ce qui revient en fait à donner un livre à un illettré.» Autrement dit par François, qui coordonne les programmes de l’International Institute for Communication and Development ( la coopération néerlandaise) pour le Mali et le Burkina Faso  « une des pensées erronées de beaucoup de bailleurs est qu'en fournissant des ordinateurs (souvent de seconde main), on arrivera à solutionner le problème de l'enseignement en Afrique." Virginie Torrens s’occupe des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour l’Education au sein du Bureau de l’Unesco à Dakar. Elle confirme le besoin de formation, dans une perspective de long terme si possible.  

Virginie Torrens

Responsable des Tice au Breda

« Il y a vraiment un souci de formation locale. »

 

   Cette nécessité de mettre l’accent sur la formation, personne ne la nie. Au cours de la première Table Ronde ministérielle africaine sur les TIC pour le développement, l’Education et la Formation à Nairobi en 2007, plusieurs ministres de l’Education cités dans le rapport InfoDev de la Banque Mondiale ont d’ailleurs « décidé que des centaines de milliers d’enseignants doivent être qualifiés en TIC ». L’Agence Universitaire de la Francophonie s’y emploie, mais les besoins dépassent de beaucoup l’offre de formation, selon Didier Oillo, en charge de l’innovation par les TIC dans l’enseignement pour l’AUF.

Didier Oillo

Responsable de l'innovation technologique à l'Agence Universitaire de la Francophonie.

« 2000 personnes formées par an en Afrique subsaharienne, ce n'est rien du tout par rapport aux besoins et à la démographie estudiantine. »


Se former oui, mais avec quelle contrepartie ?

« S’intéresser à la technologie sans s’intéresser aux hommes est un non-sens ». La formule est séduisante mais quand on s’intéresse aux hommes, on rencontre sur le terrain des réticences très « humaines ». Martin est enseignant chercheur à l’université de Kinshasa et nous parle de ces professeurs aux revenus insuffisants qui vendent leur cours sur polycopiés à leurs élèves et ne voient pas du tout l’intérêt d’être formés aux TIC pour les mettre en ligne à la portée de tous.

Martin

Enseignant chercheur à l'université de Kinshasa (RDC)

« Le syllabus est une pratique courante qui équivaut à une source de revenus. »


   Une pratique que François, de l'IICD, connaît au Burkina Faso sous un autre aspect. A la question de savoir si les enseignants qu’il côtoie dans le cadre de ses projets sont tous motivés par la formation aux TIC, il demande à son tour : « quelle serait leur motivation pour s’investir davantage, alors qu’ils sont déjà sous-payés et qu’ils reçoivent de leur point de vue si peu de soutien de l’Etat pour avancer ? Ils préfèrent alors se faire un peu de pain en donnant des cours particuliers après l’école. » Le manque d’incitation financière pour des enseignants souvent mal considérés n’est d'ailleurs pas le seul obstacle à la sensibilisation des enseigants aux TIC en Afrique. Selon Canon qui nous écrit de Madagascar, « les observations de terrain montrent que mêmes des profs formés "ne s'y mettent pas" car il leur faut être à l'aise ; plus à l'aise que les jeunes qu'ils ont en face d'eux. Les ordinateurs sont sous clef comme jadis les livres étaient derrière les vitres des bibliothèques, car tout contenu autre que son cours apparait à un enseignant comme une menace, un risque de délégitimation de son savoir et de son pouvoir. » Or sur ce point, ici peut-être davantage que dans les pays riches, la fracture générationnelle est palpable.

Jacques Wallet

Coordinateur du Réseau Africain d'Enseignement à Distance

« Il y a une vraie fracture numérique entre les adolescents et les adultes. »

 Mais quand les professeurs « se mettent au courant de ce que sont les pratiques de leurs élèves », ils n’en sont parfois que plus décidés à fermer les salles informatiques à clef...

Les sites de stars plutôt que les sites d'enseignement

   Plus à l’aise que leurs aînés avec l’outil informatique, les jeunes d’Afrique francophone en profitent-ils pour enrichir leurs connaissance ? Oui, mais selon Maiga, sur dix élèves qui viennent au télé centre « trois viennent pour des recherches, pour des exposés ou d’autres choses, sinon les sept autres viennent uniquement pour des recherches soit sur un rappeur ou sur un acteur des feuilletons qui passent en ce moment à la télé malienne. ». Et cet attrait pour la musique et les célébrités est la même au Togo puisque selon Ajavon « la majorité (des jeunes) s'intéresse à la musique, aux célébrités du show business (stars de musique, de sport, de cinéma...). Une fine minorité s'intéresse à la recherche estudiantine, scientifique pour combler leurs travaux de recherches scolaires. » Quand il ne s’agit pas de surfer sur des « sites x et d'autres de déviance » contre lesquels Ndoumbé suggère la mise en place « d’un système de protection » au Cameroun où il habite. Car au final, les parents des élèves eux aussi estiment que « l'informatique est source de dérive. Ils pensent que c'est uniquement un outil d’amusement. Ils auraient aussi raison en partie. »

Ordinateur : objet de pouvoir réel, ou supposé

   Connexion aux sites de rencontres, chat, échange de courriels : « la demande des élèves est énorme en matière de création de liens interpersonnels » selon Amandine, la responsable de l’association Biblio’ Brousse qui sillonne le Burkina Faso pour former élèves et enseignants aux TIC. Or ce sont ces pratiques qui conduisent « les responsables à restreindre l’accès à internet. Il faut changer la mentalité des élèves » plaide Assane. Mais qui peut le faire ? « Ces vieux moribonds du paléolithique qui s’en tiennent à leurs vieilleries » ainsi qu’Ajavon décrit les enseignants dans son message ? Et d’ailleurs, les enseignants âgés sont-ils effectivement les plus réfractaires à l’innovation par les TICE ? « Très loin de là » lui répond Amandine car, dit-elle, les « vieux professeurs ont l'amour de leur métier (ce pourquoi ils sont toujours là) qui les pousse à toujours aller vers plus de connaissances pour améliorer leurs cours, tandis que beaucoup de jeunes professeurs enseignent par dépit et ont une certaine aigreur par rapport à leur situation qui les pousse à s'opposer à toute forme de progression collective. Ce type de professeurs met beaucoup d'énergie pour que les élèves ne puissent pas accéder aux ordinateurs au sein des lycées. » Et de préciser que la seule condition à l’ouverture d’une salle informatique, une fois tout le monde formé par son association, c’est que les élèves puissent y accéder. « Dans certains lycées, les professeurs ont refusé. La salle n'a pas été installée. » Car, poursuit Amandine, « l'ordinateur dans le lycée au Burkina (mais je suppose dans d'autres endroits également) est devenu, par sa rareté et l'intérêt qu'il suscite, un fort outil de pouvoir, à un niveau que l'on a du mal à imaginer, notamment dans les relations entre professeurs et élèves, membres de l'administration et professeurs.» « Raison de plus pour inscrire la machine au cœur de projets pédagogiques », conclut-elle.

   Avec des contenus adaptés au public de chaque pays. Lesquels ? Le tableau blanc interactif (TBI) avec une réserve de contenus accessibles sans l’internet est-il une voie intéressante ? Ce sera le prochain article issu de la discussion en cours sur le site de l’Atelier des Médias : Afrique : y-a-t-il un ordinateur dans la classe ?

Merci à l'association Biblio'Brousse et à l'association Yam Pukri d'avoir mis leurs photos à notre disposition.

                                                                                                                                                                        Source: RFI

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